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 ZEFESTIVAL : La journée du Souvenir Trans

 

Le 20 novembre est la Journée Internationale du Souvenir Trans (Transgender Day of Remembrance) en mémoire des victimes de transphobie. Organisée pour la première fois fin novembre 1998 en réaction au meurtre de Rita Hester à Allston aux Etats-Unis, depuis cette journée du souvenir est commémorée dans de nombreuses régions du monde.

A l’occasion du TDoR, l’association Transgender Europe TGEU publie chaque année les données mises à jour collectées dans le monde.

 

Pour l’année 2020: 

• 350 personnes trans et de genre divers ont été assassinées, soit 6% de plus que pour l’année 2019

• 98% des personnes assassinées dans le monde étaient des femmes trans ou des personnes trans féminines

• 62% des personnes trans assassinées dont la profession est connue étaient des travailleur·ses du sexe

• Les personnes de couleur représentent 79% des 28 personnes trans assassinées aux États-Unis

• 11 personnes trans assassinées en Europe; 50% étaient des migrant·es

• 82% de tous les meurtres enregistrés ont eu lieu en Amérique centrale et en Amérique du Sud; 43% au Brésil

• L’âge moyen des personnes assassinées est de 31 ans; le plus jeune avait 15 ans.

Des chiffres bien entendu sous-estimés, les crimes de haine transphobe n’étant pas systématiquement référencés comme tels dans nombreux pays. 

Le Brésil est le pays qui détient le record lugubre en matière de criminalité transphobe, et les données recueillies montrent une tendance alarmante à une augmentation graduelle de ces crimes. Près de 1 500 personnes trans ont été assassinés au Brésil en une décennie, soit un homicide tous les trois jours !

Qu’il s’agisse du changement d’état civil, de problèmes de papiers, de l’accès aux soins, de la précarité sociale, du travail du sexe pour 90 % de la communauté, la plupart des personnes trans se trouvent au croisement de différentes problématiques qui les exposent chaque jour à une plus grande vulnérabilité socio-économique et donc à de nouvelles discriminations.

Par ailleurs, l’hostilité du gouvernement Bolsonaro n’a pas cessé d’ériger la communauté en «ennemi». Et lorsqu’on attise la haine, dans l’esprit du citoyen ordinaire, ces incitations aboutissent aux meurtres » dénonce Bruna Benevides, membre d’ANTRA, Association nationale des travestis, transsexuels et transgenres. 

Lueur d’espoir, néanmoins dans ce paysage réactionnaire, le combat d’Erica Malunguinho, première femme transgenre élue au parlement de Sao Paulo, en 2019. «Je suis visible à un endroit où le pays n’a pas envie de voir des gens comme moi.» a t-elle déclaré en prenant ses fonctions.

Le 20 novembre, dans le cadre de la journée de Internationale du Souvenir Trans, nous vous proposons la projection au cinéma Mercury à 20h30 , d’un film film brésilien particulièrement touchant et positif et pour lequel nous avons eu un véritable coup de cœur. Valentina (2020) est le premier long métrage de Cassio Pereira Dos Santos ; il a reçu 15 prix internationaux, dont le prix du public au 44e Festival international du film de Sao Paulo et le prix du meilleur premier réalisateur au 51e Festival international du film d'Inde 2021, à Goa.  Valentina, adolescente transgenre et sa mère déménagent dans une nouvelle ville afin de repartir à neuf, mais elles sont rapidement confrontées à des obstacles bureaucratiques pour obtenir la pleine reconnaissance du prénom que Valentina s’est choisi. « qu'est-ce qui vous dérange tant dans ma liberté ? » interroge avec bravoure Valentina. La réalité dépeinte dans ce film est celle d’un Brésil où les droits et la sécurité des personnes transgenres sont de plus en plus menacés.