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 "Partout où la liberté règne elle est incessamment attaquée et très souvent en péril. Tout État libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr."

Plus que jamais ces mots de Simone de Beauvoir font écho à notre programmation. Il nous faut continuer la lutte de nos aîné.es car elle est toujours essentielle et le cinéma est là pour nous le rappeler. Il est un puissant instrument, capable de bousculer les pratiques séculaires, de dénoncer l’inacceptable, mais également d’élargir les horizons et de faire entrevoir un monde meilleur.

La ville de Tokyo va reconnaître les unions entre personnes de même sexe. Dans le même temps, subsistent 11 états où l’homosexualité est passible de peine de mort. L’actualité iranienne nous le rappelle tragiquement.

Selon le rapport de l’ILGA World, 81 pays possèdent un arsenal législatif protégeant des discriminations liées à l’orientation sexuelle sur le lieu de travail. Ils n’étaient que 15, il y a vingt ans. Dans ce même rapport, au moins 13 pays criminalisent toujours la transidentité explicitement. En contrepartie, au moins 25 États membres de l'ONU autorisent la reconnaissance juridique du genre sans exigences prohibitives.

Les avancées sont indéniables si l’on regarde sur le long terme. Cependant la tolérance et l’égalité ne sont pas pour autant devenues universelles et les libertés d’expression et libertés d’être n’ont pas été données, elles ont été gagnées. Pour autant, elles ne sont jamais définitivement acquises et c’est cette fragilité qui rend notre festival indispensable.

Brigitte Zerbib, programmatrice de ZeFestival

 

Pour vivre heureuses, pour vivre heureux, soyons visibles !

Plus que jamais nous plaçons la 15ème édition de notre festival LGBTQ+ sous le signe de la visibilité tant dans sa programmation que dans sa durée. Cette année Zefestival se décale et s’étale du 8 octobre au 1er décembre, offrant ainsi plus de temps pour se rencontrer. Notre programmation est présente sous forme d’exposition au Centre LGBTQIA+ tout au long du festival afin de découvrir nos choix et nos coups de coeur.

VISIBLE c’est le choix que nous faisons autour du film « Nelly et Nadine » qui met en lumière la déportation lesbienne et le travail de recherche fait pour reconstituer ce passé étouffé.

VISIBLE avec l’exposition « constellations brisées » qui reconstitue des cartographies de lesbiennes déportées, avec l’atelier Archives Queer code qui explicite ce travail de mise en mémoire et enfin avec la conférence « homosexuels et lesbiennes sous l’Europe nazie».

Sensibles au format court nous proposons un week-end de courts métrages regroupés autours des thématiques de genre ou d’orientation, avec la performance sur le genre intimiste de Lou Spry et la présence d’invité.es.

Cette année encore nous proposons autant de longs métrages gays que lesbiens avec des films majoritairement non distribués dans les circuits commerciaux.

Nos choix de VISIBILITÉ se portent sur des questions intimes et parfois brûlantes que nous pensons politiques, la PMA avec « Les battantes », le trouple avec « Petit mal », le harcèlement avec « Une âme secrète », la religion avec “You can live forever” et “Breaking fast”, le questionnement sur le genre, avec « King max », la transidentité avec « Sole Moi » ou « My Emptiness and I » et le 3ème genre avec « Finlandia », les thérapies de conversions avec « Shams », le rêve américain déçu avec «Potato » et d’espoirs dans la lutte contre le sida avec « Dissidence» . SOYONS VISIBLES constatables, évident.es, flagrant.es, manifestes, ostensibles, perceptibles… Bon Festival !

Sophie Lannier, Présidente de Polychromes